« Le Monde est mon huître » écrivait Shakespeare.
Le sens que nous prêtions à cette phrase a été détourné de sa signification originelle. Pourtant, William ne croyait pas si bien dire… Dans sa représentation visuelle, le Monde s’apparente à une huître. L’être virginal au centre est une allégorie de la perle. Et, en guise de coquillage, une couronne de laurier symbolise sa victoire.
Sur la carte, la Vénus empruntée à Botticelli naît de la réunion de l’âme et de la personnalité. Parfaitement accomplie, elle danse au diapason de ses composantes cardinales. Elle en est le centre de gravité : alchimie du corps, des passions, de l’esprit et des émotions.
Le 21 est le nombre le plus élevé du tarot. Trinité accomplie à l’issue du Jugement, il est l’être qui s’assume totalement. Le Monde est donc l’aboutissement d’un parcours initiatique vertigineux et passionnant. Son unique mission est de se réaliser… Issu du rien et connecté au Tout, il peut enfin se mettre à son propre service et accomplir son œuvre… au monde.
D’après « La naissance de Vénus », Sandro Botticelli (1445 – 1510)
En essence, la carte du Monde est synonyme de réalisation totale.
Compte tenu de la puissance numérique et symbolique de cette carte, il est important de voir où elle apparaît. En début de tirage, le Monde peut suggérer une difficulté à mener une gestation à son terme. Et en fin de tirage, il annonce une fin de cycle au sens d’aboutissement et d’accomplissement personnel… donc d’individuation.
Chez Jung, l’individuation est l’état dynamique où un individu est en accord avec toutes les composantes de sa nature. Le conflit fait place à l’harmonie, l’expérience de paix et d’équilibre vécue à l’intérieur se reflète parfaitement à l’extérieur.
Avec le Monde, nos besoins matériels, notre vie émotionnelle, nos passions et notre ego peuvent être contemplés comme des composantes périphériques et mouvantes. Et dans cette configuration, l’ego est un électron comme les autres : il participe à l’équilibre… ni plus ni moins.
« mets-toi au service du Monde, tu n’en es pas le nombril »
Axiome du Monde