Le 20 du Jugement inaugure le troisième et dernier cycle.
À l’image du personnage vu de dos, il est ce tiers que l’on adore ou que l’on abhorre. Il est cet être unique et parfait qui naît de l’union de la dualité.
Au propre, le Jugement est l’enfant qu’engendrent les amants dans un acte d’amour et de révérence. Il est aussi celui que l’on adule et que l’on condamne, avec la même versatility. Au figuré, et à l’instar de la créature bleue que l’ange invoque, le Jugement est un appel à la transcendance. Il est mémoire, survivance et devenir tout à la fois.
En s’élevant à la dimension de l’esprit, le Jugement accède à la trinité. Son tiercé gagnant : féminin, masculin et divin. Il est donc terre, mer et ciel… tout à la fois. Alors, conscient de la triple intégrité de sa nature, il est pure vérité.
D’après « Le Jugement dernier » et « Portrait d’une Reyne », Rogier van der Weyden (vers 1399 – 1464)
Lorsqu’il apparaît dans un tirage, le Jugement annonce l’imminence d’une nouvelle conscience. Et l’événement qui l’accompagne prend la forme d’une naissance ou d’une renaissance… au propre ou au figuré.
Dans son sens littéral, cette carte nous renvoie à nos procès d’intention, à nos jugements hâtifs ou péremptoires, à nos intrigues et à nos condamnations sociales. Le Jugement nous rappelle les pailles que nous voyons si facilement dans l’œil de nos voisins alors qu’une poutre obstrue le nôtre.
Dans tous les cas de figure, la carte du Jugement est un appel à la vérité. Ce que l’ange souffle à notre oreille, c’est l’apocalypse au sens étymologique : la révélation. Et cette révélation prend la forme d’un désir irrésistible à laisser une trace… à réaliser immédiatement ce que nous avons différé trop longtemps. Alors, le projet en question trouve sa matérialisation dans la transmission.
« s’il n’est pas de nature divine, le juge ment »
Tagline du Jugement