La voie de l’Ermite peut paraître longue et solitaire.
Elle est pourtant conforme à la réalité de l’introspection. Regarder en soi demande de l’humilité, de la discipline et du courage. Et, bien que méditative en apparence, l’introspection de l’Ermite est profondément contemplative. Active, elle le plonge dynamiquement au cœur même de sa conscience.
Le méditatif est un « passeur » alors que le contemplatif est un « acteur ». Il a les apparences de l’immobilisme et, pourtant, l’Ermite avance… Son regard contemple le salut de son expérience, pas le passé. Chez lui, la crise est une occasion d’éveil, la douleur : une simple sensation et la souffrance… pure illusion.
Tourné vers les pèlerins qui le suivent, il marche à reculons. Derrière lui, il laisse une terre gorgée des labours dont sa conscience et sa lanterne font l’offrande.
D’après « Saint Onuphrius », Francisco Collantes (1599 – 1656)
L’Ermite est l’arcane des crises salutaires.
Il nous apprend à traverser les épreuves avec lucidité, confiance et philosophie. Il nous propose de considérer la solitude comme une ressource et pas comme une épreuve. Lorsqu’elle est consentie sans conflit ni résistance, elle dure à peine un instant.
Si l’Ermite marche à reculons, c’est pour éclairer la route de ceux qui cheminent après lui. Nos phases d’introspection nous donnent le temps dont nous avons besoin pour raviver le feu de notre éveil.
Chargés d’une conscience enrichie par la contemplation de nos expériences, nous pouvons retourner grandis vers les autres… et partager des parts de sagesse.
« contemple ta vie, ici et maintenant, la maturité n’attend pas le nombre des années »
Éclairage de l’Ermite